Je ne suis à la recherche de ... rien : j'ai déjà trouvé tout ce que je cherchais. L'ensemble constitue le passé : tout y est déjà révélé, écrit, fait. J'ai fait mille fois le tour de mon île vieillissante, comme attaché au seul arbre au milieu par une corde se raccourcissant d'instant en instant. Les journées se passent en scrutations de l'horizon à essayer de me leurrer, mais cela devient de plus en plus difficile : il n'y a rien au-delà. Mes seuls horizons sont intérieurs, invisibles, j'en ai la certitude. Alors, pourquoi je vis encore ? Pourquoi je cherche encore ? Pourquoi je chemine encore sur le même sempiternel tracé ? C'est comme le désir : l'objet n'existe pas, c'est un voile à travers lequel on passe sans se rendre compte que le désir n'est plus là ; pour l'instant. Mes recherches ont abouti, j'ai fait mille fois le tour de moi-même comme d'une île et je ne vois que miroirs sans fin, voiles succédant aux voiles, masques polis et muets, souvenirs comme des morceaux d'iceberg que rien ne remplacera quand j'aurai quitté mon île. En bateau, un jour, vers l'horizon, là où il ne restera plus rien, je veux dire l'horizon intérieur. D'exil en exil, je chercherai ce pourquoi on cherche sachant que tout a déjà été trouvé, rêvé, vécu...C'est égal.
Dire dire.