
Le nouvel album de Michel jonasz est sorti. Il s'intitule "Chanson française". Si ça vous tente d'entendre un loukoum vous sussurer "Les feuilles mortes" ou un limaçon se vautrer sur du Férré ou du Brassens...
En tout cas, le public ne s'y est pas trompé qui a assisté à son premier concert. Les sifflets ont résonné. Michel n'a pas voulu chanter une seule de ses chansons.
Du blues, je vous dis. La boite jazze !!!!
C'est la maman qui écrit. Il faudra dix morts pour qu'elle se réconcilie avec son fils. Kévin. Kévin c'est Eléphant. Elephant kid. Il ne va pas bien dans sa tête. Maman le sait. Papa pas. Depuis qu'il est né, il est tordu. Et il fait tous les coups tordus. C'est un névrosé de naissance. La maman arménienne est une inadaptée qui va se détacher de son fils dès la naissance. Bébé va faire mille et une conneries sans que jamais papa ne s'en rende compte et même jusqu'à crever un oeil à sa soeur cadette. Personne ne l'aime Kévin, à l'école. C'est le salaud par excellence. Il fait chier tout le monde tout le temps. Les profs, les filles, les voisins. Sa façon d'exister est la solitude et l'opposition. C'est un raccourci humain des Etats Unis : un mini Bush. Le père est portraitisé comme le bon plouc américain fier de sa nation et donc de son chieur de fils dont il ne voit que la perception des défauts. La mère est la narratrice décalée, l'immigrée. Elle a enfanté un monstre.
Il va tuer dix personnes de son collège à l'arbalète en les enfermant dans un gymnase. Précisément, les dards vont crucifier ces ados. La scène est atroce.
Et il est fier de ça, en prison. C'est un auteur, un artiste.
C'est une Busherie, oui !
A lire : c'est prenant, actuel, palpitant de bout en bout. Lucide sur la nation américaine, le monstre qu'elle ne se voit pas devenir.
Inquiétant.
Dire dire.