C'est toujours un peu gênant de tout savoir. Il vaut mieux le cacher aux autres. Tenez, moi, par exemple, je sais tout. Mais alors absolument tout. Mais je me garde bien de le dire. Déjà, je ferai des jaloux et d'autre part, tout le monde me dérangerait sans arrêt à me demander de l'aide ou des conseils.
Sachant tout, je sais aussi d'avance. Il est certain que, dévoilant mon infini savoir, je deviendrais un de ces trous noirs hypermédiatisés et je perdrai ma tranquillité. Je serai un bête curieuse : le rainman universel, l'autiste einsteinien, la référence ultime de toute connaissance.
La vie m'a appris l'humilité. Donc, je ne dis pas. Je me tais. Et comme je sais que personne ne lit les textes de ce blog, mon secret est bien gardé. D'ailleurs, si l'un d'entre vous s'aventurait par mégarde dans ce texte, il le penserait écrit au second degré.
Bref, je suis à l'abri. Et, comme je vous dis que je sais tout, je sais déjà que mon éventuel lecteur, toi, dodelinant de la tête, va gausser et sourire benoîtement de mes vaines élucubrations.
C'est bien de tout savoir et de se savoir seul au monde. On ne peut en effet être deux à tout savoir. Contradiction, l'autre méga savant limiterait ma science. Donc, il n'existe pas, je suis tranquille.
Alors, ça me sert à quoi, si je ne le dis pas ? A rien. Je sais quand je vais mourir. Je sais ce qu'il y a après la mort. Je sais tout ça. Je sais que le savoir total ne sert à rien. Je n'ai plus rien à apprendre. Le futur n'existe plus en tant qu'énigme, vos êtres me sont transparents, vos incertaines quêtes me sont connues.
Je ne me trompe jamais. Je suis la vérité. L'universel.
Je sais tout, tout, tout ....
Je me fais bien chier quand même !
Dire dire.