[Cette année, la FIAC vend du Hitler. Exposée en rang sur un mur de la galerie anglaise White Cube, au Grand Palais, vendredi 24 octobre, une série de onze
aquarelles du Führer, peintes entre 1916 et 1918, fait face aux visiteurs. Mais ce n'est plus seulement du Hitler. Les artistes britanniques Jake et
Dinos Chapman ont ajouté sur ces paysages désolés, arbres et soldats morts, chars et ponts détruits, des arcs-en-ciel et des formes géométriques colorées.]Citation du monde
Les 11 dessins colorés ont été vendus en moins de 2 heures pour 800 000 euros.
Hitler, avant d'être le primesautier fauteur d'eaux troubles que l'on sait, fut un barbouilleur à la chaîne. Il fit plusieurs centaines de dessins et
gravures qu'il vendait à des commerçants afin qu'ils décorent leur boutique.
Les frères Chapman, connus en Angleterre pour leurs expositions qui se veulent « politically incorrect » ont colorisé les choses, ruinant les
œuvres du maître. D'aucuns disent que c'est un monument historique sacrifié à l'autel de l'art contemporain dévorateur et iconoclaste. Comme un bouddha détruit par les Taliban, les peintures de
l'adolphe, toutes poétiques et guillerettes sont retapissées à l'uchronique fluorescence de oufs anglais. Oh shocking !
Sachant que l'art contemporain est un révélateur de nos incertitudes, de nos brèches et fantsames civilisationnels, et n'est sans doute que ça, puisons-en
l'idée grotesque qu'il faut profaner les profanateurs.
Ceci est-il du même acabit que la décoration de cimetières juifs par des gugus embiérés et dangereusement imbus de leur satané satanisme ? Non, car
ici, nous dit-on, l'art œuvre.
Cet accrochage post-pop aurait fait bonne figure dans l'exposition de 1937, organisée par Hitler, afin de montrer les œuvres de l'art dégénéré.
J'ai posté, il y a peu, une vidéo de poseur de pierres. En voici une nouvelle mais ce n'est pas redondant. Ici, ce sont des colonnes qui bravent la marée montante.
Une cathédrale lapidaire où, de temps à autre, les piliers s'écroulent sous les vagues. Un nouveau jardin japonais, une œuvre éphémère, minérale. C'est étrange de voir ces colonnes de cailloux
posés les uns sur les autres et ne tenant que par leur seule gravité.
L'inédit mariage de la danse et de la vidéo : l'omodoka est exécuté ici par la danseuse japonaise, Masako Yasumoto sur une musique
electro-hallucinogène. Un spped dancing crispant au montage très nerveux. La re-présentation devient virtuelle. On ne fait pas un montage de la « chose » réelle, mais on accomode ce
dernier au montage que l'on exige de lui. La danse s'organise alors autour de reflets, d'asymétries, de mises en regard décalées, d'une fiévreuse distorsion du temps, de microscopiques tensions
accélératives. Votre œil ne peut y voir que le détail ou l'ensemble, jamais les deux. Expérience unique ? Peut-être. Mais expérience unique ne veut pas forcément signifier impasse. La
scène de l'âge classique s'efface face à l'arsenal vidéo-ludique qui va la fantasmer à l'excès. La vidéo, en soi, c'est de la danse.
Quelle idée. Quand l'art dit "naïf" croise la performance d'art contemporain. Quand l'artiste de rue tutoie l'éphémère et rudoie l'équilibre. Ces pierres
cabossées s'immobilisent en un vertigineux équilibre minéral pour un instant sous les mains divines de l'artiste. Nul autre dessin que d'utiliser la gravité dans la légèreté de l'instant.
Naïf en ce sens que la nature le fait à elle seule et tout le temps de puzzle géologique sans cesse précaire et joliment instable. Contemporain en sa fragilité et en son manque de sens. Et
aussi en ce sens que l'artiste ne renvoie qu'à son propre geste, un instant pétrifié sous notre regard admiratif.
Le site de Wiliam Lamason avec ses autres vidéos déjantées.
Merci Caledosphere pour cette trouvaille.
Ses videos humoristiques décalées vont vous faire sourire : des bananes qui explosent, l'artiste en Guillaume Tell robotique, des ballons noirs qui chutent.
Explorez son site.
La folie des tags. Cette jolie nana qui s'écrit dessus. C'est moche, souvent. Nos banlieues ont secrété ça : des centaines de kilomètres de graffiti. Il y a même maintenant la mode des graffiti
inversés qui sont fait avec une éponge sur de la crasse. Ou des dessins faits sur la poussière des voitures. L'art, la pub ont repris le graf.
Le graffiti, c'est des mots, un alphabet très codé, des signatures d'initiés, un art de la nuit qui nuit, la littérature de la désolation, la partition symbolique du rap. Loggorhée. Certains
sont très beaux, la plupart insipides et nuls. Pas mal de messages fortement codés : l'illisible est la norme. C'est la quotidienneté des banlieues grises : pubs détournées, néons décrépits,
arbres martyrisés d'initiales, toilettes vampirisées d'obscénités, jungle des signes = signe de la jungle. Forêt d'incompréhension. Langage oublié des hermétiques jeunesses oisives qui
s'évertuent à dire qu'elle ne peuvent rien dire d'autre que cela : cet écrit vain, comme une prière d'insérer dans la société qui ne sait pas trop lire le désespoir. Bande d'illettrés que nous
sommes.
Blu, c'est très bien, mais un peu vide. Blu, c'est des graffiti qui s'animent sur des murs. On salue l'exploit. C'est joli et original. Un tantinet intello.
C'est modal : à la mode. A la mode des buzz à la con qui rôdent sans cesse en ce moment. Désabuzzez-vous.
Le dernier buzz idiot, c'est le groupe rock qui avait tourné un clip uniquement avec des caméras de surveillance. C'était du pipo. A chier.
Nase ?
La denière connerie idiote, c'est cette affiche d'Obama en singe. Ou la répartie de Le Pen sur les Ch'tis : cela ne représente pas les nordistes vu que ce
sont deux Arabes....
Vous me sentez un peu désabuzzé ce soir, moi qui ai relayé ici tout un tas de merdes. Vous avez raison. Envie fluctuante de décrocher.
Les sculptures gonfables (et pas gonflantes) de Joshua Allen Harris respirent le métro de New York. C'est d'abord le Air Zoo qui anime ses entités par intermitence. Il s'affriole aux courants
souterrains conjugués à ceux de la rue, courants d'art chaud. Sculptures pauvres qui font rire les passants.
Nos amis Anglais s’y sont mis aussi, à friser. Après Grand Station à NY et Paris. Hibernatus, mon ami ! Quelques centaines de personnes pour un happening, une performance d’art
contemporain. Ne bougez plus. Vous êtes congelés, cons gelés. Cela ne sert à rien qu’à mettre en valeur ceux qui médusés pour le coup n’ont pas arrêté le temps, eux, ou ne veulent pas se
statufier. L’idée est enfantine : elle vient du jeu de un, deux, trois…soleil ; je me retourne, vous ne bougez plus et celui qui, par mégarde transgresse en gesticulant, celui-là
retourne au début des temps. Seul l’homme est capable d’une telle prouesse, de tout à coup ne plus bouger. C’est encore un phénomène de foule, d’aggrégat qui d’ailleurs ne vaut que parce que
d’autres bougent.
Les organisateurs du raout de NY ont eu d’autres idées, mais fonctionnant moins bien : telles que mettre 300 figurants sans pantalon dans le métro ou bien de demander à des
employés de se déplacer au ralenti dans un grand magasin.
Voyez comme les gens aiment l’inutile. Cette foule ne se pose pas de questions. Aucune personne, ou presque, n’oserait faire cela toute seule : imaginez-vous restant sur place au
milieu des passant. Ce serait assez ridicule.
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