Devant le garde dEsso qui va déchanter rapidement, rangeant ses obligeants sourires du début dans son sac à main, un des
derniers humoristes de France Inter va déballer une chronique qui met les pieds dans le plat en frappant fort. Ecoutez jusqu'au bout car cela vaut le détour !
Les bouffons sont devenus flagorneurs face à un pouvoir qui aseptise les médias nationaux. La France, qui est classée
44ème Etat en matière de liberté de la presse, vient de perdre quelques places encore. La régression est partout, ma brave dame.
Ceci dit l'impertinence bravache de Dahan frise la borderline et manque d'une subtilité d'humour. Philippe Val qui
lui, n'a jamais eu d'humour que les grossièretés grivoises de son pote Font, a dégainé aussitôt, lui qui a été choisi pour diriger France Inter par le pouvoir en place. Dahan donc, se prend pour
Siné en jouant l'anar du paf. Il va grossir la bande des Siné, celle qui continue contre vents et marées à caricaturer Allah.
Que l'humour soit impertinent certes, mais indécent, sans doute pas. Mais pour virer de la sorte un humoriste, d'un
claquement de doigts, il y faut également un manque de distance subtile qui est la marque des bons managers.
Deux vidéos face à face, deux visages de l'empathie, ce sentiment imaginaire qui ne fonctionne que dans un sens. Ce monde est immonde et, quelques secondes par jour, nous y pensons. Mais cela ne
change rien, c'est ce qu'on nomme l'empathie. Quand quelqu'un tombe, on dit qu'on a mal pour lui, mais dix secondes après, c'est oublié, fondu dans l'incessant sillage du temps. Ces deux vidéos
suintent de bons sentiments avec les moyens d'époque : le divin You Tube, le mythique Canon HD. Ce sont les désarmantes armes de nos larmes. Si ce monde est immonde, notre indifférence (ou notre
compassion ponctuelle) font partie de cet immondice être là. On s'approche, on regarde, on crie à ces douleurs atroces devant ce fleuve rouge de la dévastation. Et puis on passe à autre chose, on
zappe. On est des nihilistes de l'humanitaire.
On ne cesse de gloser sur le web participatif et de se l’approprier selon une grille d’analyse qui, la plupart du temps, glisse avec des signifiants obsolètes sur
un « objet » incompréhensible. Il règne sur ce nouveau type de relation une aura d’irrationalité qui est hors de portée de toute analyse. L’apparition des blogs, de Facebook, de Twitter,
de Chatroulette a dessiné un hérisson conceptuel insaisissable qui s’offre à toute interprétation possible avec le large spectre du rejet total à l’acceptation béate, créant par là, un métaweb
2.0.
Le risque du média social, sa frontière, est de devenir a-social, de dégénérer, de profiter d’une cécité globale pour se laisser développer un mode de relation où l’anonymat règne en valeur unique
et unifiante, c’est-à-dire totalisante et totalitaire.
L’époque avance en aveugle dans cette constellation en expansion. Si les plateformes peuvent être modérées, régulées, filtrées, la dernière venue, chatroulette est devenue symboliquement l’agora
sans limites où peuvent s’écouler des charrois de perversité. C’est bien car tout est ouvert à tout ; c’est nul aussi car tout est ouvert à tout. La bêtise s’avance masquée.
Le web 2.0 a vu l’apparition de communautés ouvertes. Communautés car la modération s’y fait naturellement. Je prends l’exemple de Scoopeo que je connais bien. Si un posteur récidive en matière de
propos racistes, ses liens seront rapidement modérés par plusieurs membres actifs et ce, sans concertation. Au bout de X modérations le site passera aux oubliettes et deviendra inaccessible.
Communautés ouvertes car n’importe qui peut, à tout moment s’y inscrire et proposer sa voix. Ce genre de sites participatifs s’autorégule rapidement.
Un autre exemple : Twitter. Ce site offre une impressionnante masse d’information comme un tapis roulant sur lequel on n’a que peu de prises. C’est la part irrationnelle de « la chose ».
Mais que ce média soit social est évident : je choisis qui je veux suivre et quitte qui ne me plaît pas. Dans Twitter, le posteur est responsable et l’ensemble de cette communauté molle détecte
rapidement les imposteurs en les bloquant ou en les déclarant comme « spam ». Les faux comptes sont vite dénichés et mis en marge.
Chatroulette est excessif dans cette étrange liberté où, au fond, rien ne se construit autre qu’un manque global de considération. Pour moi, il est l’écueil du web participatif, sa marge. Cette
vidéo humoristique montre bien les limites du concept de butinage immodéré. C’est rigolo si l’on excepte les pervers et qui sont légion ici. L’excès de liberté tue la liberté. Ici, la génération
spontanée du speed voyeurisme avec son incessant zapping du « next, next » c’est l ‘ébahissement de la possibilité mondiale de rencontres, mêlé d’une impuissance fondamentale à
communiquer. C’est un écueil.
Bizarre, cette affaire pour qui a suivi les pérégrinations de cette vidéo. D'abord diffusée, puis retirée de You Tube et Daily Motion, suite à une plainte de Canal+. Elle réapparaît ici, avec
pignon sur rue en home page de Daily Motion, copieusement (pieusement ?) diffusée par Le Post come étant le "droit canon". Et voilà donc, comment ce président est canonisé par un bad buzz qui
devient un good one. Ce discours sur la terre étant lui-même un écho à celui de Pétain en d'autres occurences.
Pourquoi ce revirement, ce changement soudain de cap ? Sarkozy, à l'instar de Berlu(e)sconi (ou Berluscony) a bien compris que le storytelling colle aux bottes comme la boue de cette terre (mot
polysémique, c'est à dire qu'on peut y semer ce qu'on veut, même les exégètes) et que donc, plus on s'enfonce dans l'insondable bourbier des médias, plus le personnage prendra de la
consistance.
Donc, l'image qui a été adoubée ici est bien celle de la constance du discours, à contrario de la manipulation lunatique de cette vidéo et des effets qu'elle escompte sur l'image
présidentielle.
Pour moi, cette image c'est celle d'une constante inconstance. Pire : inconsistance.
1 000 000 de personnes doivent regarder cette vidéo en 100 jours.
... en l'honneur des 1 000 000 de personnes qui sont mortes au Rwanda. Hands For Hope
In Australia if neighbours killed neighbours, teachers killed students, Priests killed their congregations or family killed family, it WOULD make prime time news!
Instead when the Genocide occurred in 1994, the world turned their backs.
Help Us reach 1,000,000 views in 100 Days as a tribute to the million lives lost in the 1994 Genocide.
Ces lointaines barbaries qui tapissent nos journaux, ces pays déchirés suintant de haine, ces dictatures sanguinaires, ces immondes massacres dont nous
n'entrevoyons que l'exotisme des lointains, nous écœurant de temps à autre, une à deux minutes, sans plus, le temps de reprendre notre quotidien.
Cette vidéo nous donne une échelle : imaginez que ce qui s'est passé au Rwanda se serait passé ici et maintenant. On en a la chair de poule. Qu'un contexte favorise de telles ignominies à n'en plus
finir, un tel aveuglement barbare, de tels actes destructeurs ; que le quotidien ainsi se transforme en une horreur banale et autorisée ; cela ne doit pas se reproduire, ne pas être.
Divulguer cette vidéo pour que l'espoir naisse de ces terres où l'herbe est devenue brune, puis rouge, puis noire avant de disparaître. Divulguer cette vidéo pour sensibiliser. C'est peu. mais
c'est déjà ça.
La sphère médiatique des amuseurs est atteinte de Guillonite en ce moment, d’irrespect au nom du rire. La causticité est de mise chez ces people à l’humour
qu’ils croient corrosif. Parce qu’ils ont une tribune, l’impertinence est devenue leur outil principal à tout faire et broie indistinctement tout ce qui ne cadre pas avec ce qu’ils pensent être
leur « culture ».
Je n’aime pas une certaine variété, la fête au village, la queue leu-leu et autres musiques de bals pop, mais qu’un type vienne à disparaître, je ne vais pas me
mettre à pouffer comme une minette de 8 ans ou à faire le drôlâtre avec des remarques de potache décervelé qui fait rire ses camarades dans la cour de récré.
Un peu de retenue messieurs. Je conviens que l’humour corrosif soit salutaire face à tous les pouvoirs politique ou religieux. Mais une remarque niaise et des
rires de godiche énervée, ça, ce n’est pas de l’humour, c’est du manque de respect.Nuance.
Toute peur a besoin d'être visualisée, représentée, posée dans un imagier simpliste qui la définit, la contourne (aussi bien dans le sens de dessiner des contours
que de créer des procédures de contournements). L'imagerie scientifique, tout artificielle qu'elle fut, rend visible un processus imaginaire et en cristallise visuellement la compréhension. Je
sais, ça n'arrange rien, c'est comme un masque sur un visage qui n'existe seulement pas.
Le virus du sida ressemblait à un oursin avec tous ses piquants : hiératique figure du mal comme identifiée, définie, jaugée sur son aspect.
Cette vidéo sous-marine, avec son fond sonore ambient, fonctionne de même grâce au levier de la fascination. Vous n'avez rien compris, mais vous avez vu « la
bête » dans son élément visqueux et saumâtre.
Voici une vidéo peu ragoûtante où on voit deux employés de la chaîne américaine de restauration Domino ,Kristy et Michael, diffuser sur You Tube leur façon de faire
: des pâtes dans le nez, des tranches de salami au méthane.
D'autres vidéos plus que déguelasses (je vous aurai prévenus) sur : Good as You.
Kristy et Michaël jurent au fake (Advertising Age) et que les sandwich filmés n'étaient pas servis aux clients. On peut en douter vu la
croustillante fébrilité dont ils font preuve dans leurs méfaits.
Domino, magnanime, a décidé de ne pas interdire cette vidéo de You Tube. C'est sans doute bien vu car, le net est un maillage qui se reconstitue rapidement. A preuve, pas plus tard que la semaine
dernière, la vidéo volée de l'agression dans le bus, interdite sur You Tube et Daily Motion, s'est retrouvé très facilement sur Ru Tube, l'hébergeur russe.
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