La Joconde en 140 points, le cerveau la
reconnaît. Ces tableaux dévorés par des fourmis sont reconnus également. Tout est contextuel, formel. L'analyse est subsumée par la synthèse. L'imagination fonctionne sans doute comme ça, elle
qui ne mobilise que des désirs d'image, des vides étranges pour être cohérente. L'imagination est ce qu'on croit mettre à la place du réel, ce qu'on croit voir, un écran vide. C'est tellement
fort qu'on pense qu'elle est un tissu d'images alors qu'elle en est la pure absence. Elle est ce qui, justement, permet de voir, un a priori névrotique qui emplit d'interrogations à jamais
irrésolues l'espace entre notre moi et le supposé réel. L'imagination me donne à voir ce que je ne vois pas tout en ne montrant rien qu'un simple désir inassouvi. Une amnésie d'image, un oubli,
une présence de l'absence, la travail permanent du saisissement d'un réel aussi diffus qu'une mer de nuages agitée.
Sophistication de la cause et de l'effet, le Rube Goldberg est une suite de calculs qui laisse une trace visuelle du plus bel effet, c'est le
cas de le dire.
Melvin the Magical Mixed Media Machine (or just Melvin the Machine) can be described as a Rube Goldberg machine with a twist. Besides doing what
Rube Goldberg's do best - performing a simple task as inefficiently as possible, often in the form of a chain reaction - Melvin has an identity. Actually, the only purpose of this machine is
promoting its own identity.
Une petite prodige de 4 ans qui peint comme du Pollock ?
Remarquez bien que si vous rôdez dans les écoles maternelles, vous y verrez des milliers de chefs d'œuvre. La différence entre la barbouille et
l'art contemporain est forcément ailleurs que dans le savoir faire. Où est-elle donc ? Dans une plus value monétaire que maîtrisent bien les marchands d'art, de ceux qui créent des buzz. Peut-on
être un artiste d'envergure à 4 ans, sans aucun concept ? C'est sans doute de l'art brut. Et la différence avec le barbouillage ? Vous me direz que Mozart était un petit génie précoce, mais, tout
de même, ses œuvres les plus élaborées, il ne les a composées qu'à un certain âge. Pour ne voir que le somment de l'iceberg, les toiles exposées dans cette vidéo sont-elle le seul fruit de cette
petite barbouilleuse. Ses parents sont des artistes, c'est un indice....
Everything #17. Cinq artistes et chacun une minute.
Un foisonnement créatif par des vidéastes. des idées, des concepts, des incongruités, des décalages. Du rigolo, du fun, de
l'étrange, de l'art. Une minute, c'est le temps d'attention moyen d'un internaute à l'opposé de la recherche proustienne et de ses milliers de pages. Une culture de vignettes, une culture
timbrée. Une culture sans mémoire. C'est inégal, mais cest égal. Ce sont des interludiques, des petites bulles qui irisent la surface de notre conscience. Consciencieux specateurs que nous sommes
devenus. Avalons, avalons, nous autres, sauriens de la culture, passerons donc notre temps à ruminer ces brimborions excentriques et inutiles.
Everything #16
Everything #15. Et tous les autres sur la chaîne Vimeo de Danny Jelinek.
Les gifs, truc de geek, sont des mochetés visuelles qui ont illuminé les blogs de la première génération. Ils sortent de leur
ghetto préhistorique pour devenir raffinés, subtils, sensibles. Ce blog en regorge qui font s'arrêter le regard à chaque photo. Le reflet d'une voiture qui passe, l'ondoiement léger d'une
chevelure, un type qui lit un journal, une fontaine qui coule, autant de samples visuels qui irradient et se déploient à la surface de la photo. Le gif devient l'épicentre d'un instant, une
boucle narrative, l'alliage subtil et intrigant de ce qui passe sans passer tel un microcosme d'éternité. Enivrant.
Je vais faire les ronchons de service, parce que la béatification totale de l'art contemporain est aussi de l'art contemporain.
Donc, je vais en découdre. N'empêche, me répondrez-vous, que j'ai posté cette vidéo sur mon blog. C'est donc que...Que quelque part, doute il y a. La valeur d'une installation comme celle-ci
n'est pas dans un savoir faire qui demande l'admiration. L'art (contemporain ou non) n'est-il justement que dans une hiérarchisation des habiletés ? L'absence d'art serait une contrefaçon, une
lacune dans le savoir faire. L'art contemporain, justement tend à se détacher de toute admiration pour se constituer dans le hiatus, la béance de l'autre. Pas beau. Mais pas laid non plus. Ni
même entre les deux. Ailleurs, dans un territoire à jamais inexploré où tout jugement téméraire sert de lumignon qui, aussitôt allumé, s'éteint.
Nos villes mythiques, nos gnomons urbains, nos cités imaginaires ont une douce aura exotique. Ce sont les mille fleurs de cette Terre, ses mille
parfums. Même et surtout, celles où l'on n'est jamais allés qu'en films, en livres, en pensée. Des villes proustiennes que recèle notre culture personnelle. Nous ne cessons d'y rôder, de jour et
de nuit. La ville a ceci de commun avec le fleuve qu'elle est pressentie, Seulement, conceptualisée, mais d'un concept flou à forte senteur. Un ton. Une ville n'est pas totalitaire, ne l'est
plus, depuis qu'elle n'est plus fortifiée, entourée d'un mur très vite dépassé, du reste, par la mauvaise herbe si musquée des faubourgs. L'essentiel de la cité, c'est l'échange, l'interface,
l'ouverture : l'identité de l'identité et de la différence ; ce qui, en l'humain est le même partout et pourtant insécable. Un climat, une situation géographique, un constat, un espace ouvert et
clos à la fois, un estomac qui ne cesse de digérer avec mollesse les conflits de l'histoire. Un storytelling. Et enfin et avant tout : des visages.
commentaires