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vincentdidier

Nulle part et partout

"Nowhere and everywhere at the same time n°2" de William Forsythe

Etrange chorégraphie pendulaire

Ce titre, "nulle part et partout", c'est notre condition. L'espace ne se constitue que d'extériorité, partes extra partes, et pas de fixité absolue. Cette dernière, on ne trouvera jamais, et, y aurait-il un centre, un endroit singulier et identifiable que l'ensemble de l'espace se dissoudrait. On est donc condamnés à errer dans un remous perpétuel sans assise. Pas de cadre avec des objets dedans, ce n'est pas du tout ça car il y faudrait des bordures pour y accrocher des coordonnées. Ceci dit, on n'est nulle part qui ne soit définissable comme un point fixe. Quand on y réfléchit, cette notion d'espace est aussi impénétrable que celle du temps. La raison y rebondit sans cesse ne pouvant s'y accrocher à rien, sauf à penser que la terre soit plate ou autres balivernes théologiques si rassurantes et si pleines de bon sens.

Le lieu n'existe pas. Seul l'habitant déambulant au travers de ses pendules oscillantes lui confère un semblant d'existence. Le Point A peut fort aussi bien se trouver en A' et ce sera le même. Vous êtes assis là, sur une chaise, tout vous semble fixe. Or, vous tournez à la vitesse de la Terre et votre point supposé est déjà loin derrière, loin ailleurs. Cette Terre qui tourne autour du Soleil qui gravite dans la galaxie qui ondoie ses immenses pales parmi un océan d'autres. Le sol se dérobe. Plus aucun point fixe. Nulle part. Ni ailleurs. L'espace n'est pas constitué de grains juxtaposés et cartographiés. Ici et là sont à jamais la même chose et à jamais différents.

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