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vincentdidier

Les marionnettes

Les marionnettes

Nos politiques français sont des calculateurs qui comptent les pièces de un centime, des comptables à la petite semaine, pas des visionnaires. Nos politiques français sont dans l'entre-soi et le déni du monde qu'ils ne voient que déformé dans le prisme de leurs intérêts personnels et de leur système si bien huilé de courtisanerie généralisée. Il vivent dans le nuage d'opium de la politicaille bourgeoise, surfant mollement sur le matelas du lobbying, regardant d'un œil distrait les compteurs. La branche sur laquelle ils sont assis ? La monarchie labyrinthique aux mille privilèges, un cadre républicain qui, depuis pas mal de temps a fait sa mue, n'étant plus qu'un cocon vide, éviscéré. Hôtels particuliers, hélicoptères, jets privés, vacances dorées, restaurants cossus, retraites ouatées, militants transis, discours de songes creux. On ne quitte pas ce si somptueux apparat de soi-même. Nos politiques français ne sont pas les parangons de l'autocritique.

Alors, ce coup de semonce populiste vu à travers le miroir sans tain des salons douillets n'a quasi aucun écho. Se remettre en cause n'est pas une chose qu'on apprend à Sciences Po, mais plutôt camoufler, façon Machiavel, ses véritables intentions sous des dorures rhétoriques si bien huilées. Rien ne va bouger donc, qui ne vienne d'en bas, de la masse moutonnière qui ne peut protester qu'en votant extrême ou en ne votant pas ; c'est ce qui, malheureusement, lui reste. La res publica, la chose publique n'est plus guère qu'une chose, et pas publique du tout. Son agora a été confisquée par de pseudos experts que le moindre intérêt a tôt fait de corrompre. Je pense par exemple à ce petit potentat de Sarkozy, refusant tout débat et qualifiant d'apostats ses contradicteurs. Petit Erdogan en puissance, plagiant Poutine, imbu de son autorité « naturelle » (sic), des ses petits plaisirs de cour, snobant tout vent contraire. Notre époque aboutit à ce genre d'indécence, celle de n'être pas attentif, de ne pas écouter l'autre, de ne pas supporter la critique, la contradiction, de continuer au milieu de la tempête comme si de rien n'était en un pur déni du réel.

Tout pendant que s'avance, peu à peu, l'ombre monstrueuse d'un fantasme identitaire qui viendrait réincarner le peuple. L'absentéisme du monde politique face à cette alerte offre une place vacante aux bateleurs de marché armés de leurs fumigènes et dont l'histoire peut témoigner des champs dévastés qu'ils sont laissé après leur passage.

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