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Festival de Deauville

Du 5 au 15 septembre dans les salles obscures.

Festival de Deauville

A girl walks home alone at night d'Ana Lily Amirpour

Pour commencer la compétition, quoi de mieux qu'un film de vampires en noir et blanc et, non en anglais, mais en farsi. Le choc est rude pour qui vient ici pour tâter du tipycally american. Bon excepté la musique rock et techno. C'est du reste le petit pêché ou la grande qualité du film, c'est selon...Les parties accompagnées de musique sont très léchées avec des plans méticuleux et très esthétisants qui évoquent l'atmosphère des premiers Lynch. Pour le reste, cette histoire de femme vampire voilée qui rôde dans la vile iranienne nommée Bad City et rencontre son âme sœur déguisée en Dracula, c'est éculé de chez éculé. Un prix spécial pour la superbe coupé américaine années 50.

Note : une étoile. (Ce film est bien noté par la presse américaine)

Un homme très recherché d'Anton Corbjin

Le réalisateur de Control (biopic sur Ian Curtis) se colle au film d'espionnage classique avec un très grand acteur dont ce fut l'avant dernier dernier film:Philip Seymour Hoffman. Quand on sait que l'histoire est tirée du livre éponyme de John Le Carré, on cadre bien le sujet. A la façon de Homeland, un tchétchène clandestin est soupçonné de venir à Hambourg pour des activités terroristes. Classique, bien joué (Willem Dafoe en banquier est très bon), habilement mis en scène par rapport à une petite production sans gros budget, on se laisse séduire par ce film bien scénarisé.

Note : deux étoiles (pour la performante de Philip Seymour Hoffman)

HORS COMPETITION

Les recettes du bonheur de Lasse Halström

Tout est dans le titre dans cette mièvre production de Dreamworks. C'est niais, cousu du fil blanc des bonnes intentions et, pour un film de cuisine,assez indigeste, voire indigent. On notera une ou deux apparitions de Michel Blanc en maire de village.C'est de bonne facture, trop bonne avec plans léchés (c'est le cas de le dire) et mise en scène bien redondante.

Festival de Deauville

Cold in July (juillet de sang) de Jim Mickle

Copieusement sifflé l'an passé pour un film sur une famille cannibale bien gratinée (les scolaires étaient invités – curieux choix qui laisse songeur), Jim Mickle revient cette année avec un polar de bonne facture qui, comme son titre l'indique se termine par un bain de sang digne du Sam Pekinpah des chiens de paille. Le scénar paraît ultra classique au départ, puis bascule vers un retournement salvateur au bout d'une demi-heure. Ouf ! Du coup, on ne s'ennuie plus même si le traitement reste bien classique.

Note : un bon deux étoiles pour ce scénario alambiqué et la scène finale bien sanguinolente.

Things people do de Saar Klein

La réalisatrice a travaillé sur le montage de La ligne rouge de Terence Malik, excusez du peu... On s'attend donc à un montage top du top, mais non, l'histoire de cette descente d'un cadre licencié vers la petite délinquance est sobrement, cliniquement racontée sans aucun effet de surlignage. La sobriété paye : on accroche. On pense à l'Adversaire, ce type qui mène une double vie, cachant à sa famille son immense désœuvrement.

Note : on va couper une étoile en deux et donner: deux étoiles et demie ( le demi-point pour la piscine qui va être... enfin, vous verrez). Mon top pour l'instant (il reste dix films)

HORS COMPETITION

Land Ho ! De Aaron Katz et Martha Stephens

Deux vieux vaticinent en Islande. Les décors sont beaux et le Hummer passe vraiment partout. Eh ben, c'est tout ( Mon voisin de devant, un vieux mec, s'est endormi au bout d'une demi-heure, c'est tout dire vu que c'est a priori le public ciblé pour faire une résa pour l'Islande)

Festival de Deauville

Très beau temps ce lundi à Deauville mais alors la programmation se dégrade d'un seul coup avec deux navets soporifiques. Pas d'étoile, passez votre chemin.

Uncertain terms de Nathan Silver

Incertain cinéma surtout qui a pour seul mérite de ne durer qu'une heure et quart.

Zéro pointé. Le navet de la sélection.

 

War story de Mark Jackson

Un lourd et indigeste film où il ne se passe rien. On suit une photographe de guerre en Sicile. Elle rencontre une jeune réfugiée qui veut aller en France. C'est tout, c'est TOUTE l'histoire. Des plans donc, d'une infinie lenteur. C'est si prétentieux et mou du genou que ça va sans doute plaire à Vincent Lindon.

Allez, ma générosité me pousse à donner une demi-étoile parce que l'essentiel est invisible pour les yeux (mais pas trop au cinéma quand même)

The better angels de A.J Edwards

Entièrement tourné en noir et blanc dans une forêt de l'Indiana, avec des mouvements de caméra et des musiques enveloppantes, on est immergé dans cet univers poétique. Une voix off parcimonieuse et de rares dialogues laissent l'œil flâner tout à loisir : enfance très rustique dans les bois du futur président des états unis : Abraham Lincoln. On est bercés, presque endormis par cette forêt monochrome. On est ébahis par ces paysages sylvestres plus que par les personnages trop peu détaillés.

Donc une étoile et demie.

The good lie de Philippe Falardeau

Une bonne surprise. On pense tout de suite au livre de Dave Eggers Le grand quoi sur l'itinéraire d'un réfugié soudanais de la guerre civile à sa vie aux Etats-Unis. Film grand public qui allie humour et tragédie avec ces personnages attachants qui fuient un pays dévasté. L'exode et la fuite sont traitées assez rapidement pour aller vers le côté comédie de ces déracinés qui découvrent le monde moderne. Exercice périlleux que l'accoler le drame, la drôlerie et les bon sentiments. A un certain niveau de lecture, a recette fonctionne bien mais les ficelles sont malgré tout bien peu originales.

Note : deux étoiles et demie pour ces trois personnages bien attachants.

Festival de Deauville

Jamie Marks is dead de Carter Smith

Un film de revenant à la petite semaine pour ado en mal de poésie lunaire. Deux revenants, en fait, un gentil et une méchante qui se déplacent d'armoire en armoire pour hanter ce pauvre rouquin et sa keupine qui s'en trouvent perturbés. C'est gentillet tout plein et file plein de frissons aux adolescentes qui sont dans la salle et cherchent à alimenter leur morbidité gothique (journée des scolaires à Deauville), c'est quand même à mille lieues ds Revenants qui avait eu le mérite sur ce même thème d'éviter les pièges de la morbidité et du rance. C'est du puerk pas ragoutant mâtiné de poésie à deux balles.

Note : Une demi étoile (j'allais dire lune)

White Bird de Greg Araki

Habitué du Festival de Deauville, Greg Araki est un petit faiseur indé pour...festival. Cela ne passe pas la rampe de cette alcôve bienheureuse des cinéphiles tout pétris de références...et d'autoréférences, c'est encore mieux pour un ôteur, vous comprenez...Donc, beaucoup de postures, de plans thématisés, de musiques illustratives et un schéma rampant de l'absence de mère (donc Freud et tout le toutim) cassé par un de ces renversements de situation mes amis, pas piqué des vers.

C'est donc à la recherche de la mère absente avec une folie de flashbacks démonstratifs et convenus. On baiile. Et à la fin (vaudevillesque à souhait), on s'esclaffe !

Note : pas deux étoiles, le film est un peu chiant, pas une seule non plus, les actrices sont accortes. Une et demie pour la coucherie finale.

I origins de Mike Cahil

On nous vend du Dolby Atmos avec une installation inédite de ...64 enceintes pour un son multi stéréo. Attente déçue : le son est clair mais aucun effet multi directionnel.

On nous vend de la vulgarisation scientifique avec une théorie abracadabrantesque sur l'ADN de la pupille des yeux, le tout avec des vers de terre aveugles qui à qui on va donner la vue (sic)

On nous vend une fille coupée en deux par un ascenseur et son âme qui va se réincarner dans une petite indienne aux yeux magnifiques.

Un film pour Claude Lelouch. Mike Cahil est sa réincarnation américaine. Pile poil. Ou son...pupille.

Bref c'est tic et choc. Du fantastique soft.

Note :Et bien on met deux étoiles car on ne s'est pas ennuyé (c'est déjà ça) et que ça a plu à Claude (et c'est toujours préférable aux rogations pseudo écolos qu'affectionne Vincent Lindon)

Wiplash de Damien Chazelle

Un film sur la batterie jazz, sur le papier ce n'est pas folichon et pourtant ce film ovationné va sans doute rafler la mise. On alterne sans cesse entre les scènes musicales très intenses et la vie amoureuse et familiale plus platement filmée. Ce jeune batteur de jazz entre dans une école où le prof est un bourreau de travail, un gueulard de première qui fait passer le sergent de Full Metal Jacket pour une danseuse en tutu. Confrontation. Et confrontation jusqu'au bout de ce qu'il est possible avec sueur, sang, larmes, esclandres. Montée en puissance classique avec ses hauts et ses bas et sa dialectique qui aboutit au plus beau solo de batterie de toute l'histoire du cinéma. On sort sonnés courir acheter un disque de Charlie Parker.

Notre : 4 étoiles

Festival de Deauville

It Follows de Robert Mitchell

Du fantastique soft. Les ingrédients du genre sont réunis. Ça sent sa recette d'école du cinéma. Les décors délabrés sans doute de Detroit, les travellings lents de la caméra, les effets attendus ou pas, des chausse-trappes. Bref, l'artillerie habituelle des films d'horreur pour adolescents. Plus l'éventuelle polysémie, mais c'est de l'élucubration bon marché. C'est du niveau « Chair de poule » It Follows, ça vous suit, lent et protéiforme, c'est chiant comme la pluie. Passe à ton voisin !

Note : deux étoiles pour ce décor glauque.

Love is strange d'Ira Sachs

Très new-yorkais couple de vieux gays qui s'aiment tendrement. Film attachant, donc. Son côté Woody Allen fait de saynètes comme autant de facettes d'une rhapsodie douce amère. Scènes au naturel. Sans doute un des meilleurs films de la sélection mais qui n'aura pas de prix. (Ce qui n'a pas de prix n'a pas de prix, c'est souvent comme ça). On se déprend difficilement à la fin, de ces rues de New York comme de la fin d'un festival. Nous nous sommes tant aimés (en 40 ans). Et nous nous aimerons encore, suivrons à l'infini du temps ces deux adolescents sur des skates au soleil couchant.

Note : trois étoiles et demie parce que j'aime les "petits" films qu'on ne voit qu'ici à Deauville.

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