Les civilisations, quand il y en a une ça va, c'est quand il y en a plusieurs que se posent des problèmes.
Du coup, tout le monde phosphore sur "Les Civilisations" concept pseudo anthropologique issu du début du XXème siècle et qui sent un peu la naphtaline. C'est compassé et c'est devenu compassionnel. Et si on disait que l'homme ne forme qu'un seule civilisation ? Ensuite, soit on opte un point de vie comtien sur la notion de progrès infini, soit on se dit que le Bon Sauvage est partout, un invariant, soit encore on se prend pour le peuple élu (humour de droite) et on passe son temps à conchier des mentalités moyen âgeuses mais qui ne définissent en rien la civilisation dans sa globalité.
Quand un problème philosophique sert d'argumentaire à des politiques, ça sent le renfermé.
AAA
Silent Movie
Bêtisier muet pour un film muet que la croisette avait curieusement snobé pour la palme d'or en faveur du pontifiant Malick. Mais Dujardin n'aura pas à chercher du travail chez Truffaut (Dujardin/Truffaut... Rooooo) car il y avait été élu déjà meileur acteur. Dont acte. Acte I, je veux dire. L'acte deux se déroule aux states où les français ont la fâcheuse habitude de se bananer. L'auréole de la Nouvelle Vague nous collant largement aux basques, celle aussi (mais chut) des navets locaux inexportables, la place vide fut prise par des Besson ou Beneix, classifiés à Hollywood comme producteurs de mini blockbusters de série B. Donc, le cinéma français ne brille plus que par un festival dit d'auteur, adulte, mature qui n'accepte pas les kitscheries comme "The Artist". C'est clair qu'avec un naufrage, une crise économique et un film muet, cette époque a une aura début de XXème siècle très Back to the future.
La sueur sous les Hessel
Quel chemin ! Obama devenu "copain" avec Sarkozy et ce n'est même pas une pub Benetton. Le libéralisme américain repousse comme du chiendent aussi vite que les lueurs d'espoir s'étaient allumées. Obama est trop intelligent pour être sensible. Devenu machiavélique, comme tous les dirigeants. L'ombre de l'indignation se répand comme celle de gens mécontents de cette pseudo politique de gauche. On sort vite les flics pour réprimer, même (et sans doute surtout) ceux qui arborent le drapeau américain.
Enchâssée dans cette chanson de Sinatra qui diffuse son aura newyorkaise, ces scènes prennent, d'un coup, une teinte ubuesque, comique. Les indignés trouvent encore une raison d'indignation qu'on les moleste de la sorte. Ce sont des babas cool qui ne sont ni babas, ni cools. Des bobos plein de bobos. Ces flics partout prennent un air fantoche de dark Vadors urbains et creux. Le pouvoir réprime le gens qui ne sont pas contents, ce n'est pas nouveau. C'est un écho lointain de mai 68, l'idéologie en moins. Un mouvement pour le mouvement, spiralaire autour d'un trou noir, celui de l'injustice.
Et ce patriarche de 94 ans, Hessel, qui dit lui-même être au cœur du chaudron sans l'avoir voulu, comme par inadvertence.
Nous sommes à la croisée des chemins. Lequel prendre ? Car, comme le chante si bien Calvin Russell (un autre patriarche), ils se resssemblent tous. (dans le sens qu'on ne sait qu'après coup lequel on a pris)
Red Bull
Non loin de Wall Street, cette statue de taureau fougueux. Deux clowns se font arrêter qui seront relâchés une heure plus tard. Mais cependant, un matador va affronter, non pas le taureau, mais la voiture de police en une performance toute symbolique.
Au départ, Wall Street a été nommée ainsi parce que les colons hollandais, un peu comme les Chinois avec leur muraille, voulaient se protéger des Indiens et des...Anglais.
L'histoire de cette vidéo en anglais :
A small group of Occupy Wall Street activists engaged in a near-successful corrida against the Wall Street
Bull.
The incident began when two clowns, Hannah Morgan and Louis Jargow, scaled the steel barricades protecting the landmark. The
clowns began spanking and climbing the beast, traditional ways of coaxing a bull into anger in preparation for a Castilian corrida, or bullfight.
Within seconds, police officers grabbed both clowns by their colorful shirts and wrestled one of them (Jargow) to the ground. The
other (Morgan) continued to play the harmonica until an officer removed it from her mouth.
With the officers thus occupied, a matador in full traje de luces leapt onto the hood of the patrol vehicle parked in front of the
bull and boldly presented his blood-red cape to the beast.
"I wondered whether I, neophyte matador, could bring down this behemoth, world-famous for charging towards profit while trampling
underfoot the average worker," said the OWS activist/torero whose first fight this was. "Come what may, I knew I must try."
Police officers took no notice of the matador, occupied as they were with the clowns.
"This bull has ruined millions of lives!" wailed clown Jargow as he lay on the ground face-down. "Yet he and his accomplices have
been rewarded with billions of our tax dollars—and we, here to put a stop to it all, are thrown to the ground. ¡Un escándalo!"
Both clowns were charged with disorderly conduct and released an hour later; they returned to Zuccotti Park to great fanfare. The
Wall Street bull continues to rage.
Défense du consommateur
Le côté un peu palôt de l'histoire, c'est que, voyez le sponsor. Hum hum, Le Figaro, premier sur les barricades entre deux pubs Mercedes et Dior. C'est la révolte bling bling, qui sonnerait creux ? Qui sonnerait le glas des idéologies intellectuelles ? Cela paraît beau beau en tout cas. On a donc, en France 1/10 000 000 ème des gens qui manifestent contre 1% des autres qui vont lire l'évènement (?) dans leur cher Fig Vidéo. C'est du viral aigre (doux), une révolte en trompe l'œil comme ces dessins sur le trottoir dont on fait semblant d'accepter les perspectives. Une illusion d'optique ou bien l'optique d'une illusion.
Déclinologues qui manifestent contre le Capitalisme comme un papillon contre une fenêtre éclairée. Pas d'appareil idéologique derrière, autre que cette indignation, comme on s'indigne de la faim dans le monde ou des guerres incessantes. L'histoire nous démontre que toute volonté de structurer l'humain est une catastrophe. Vouloir plaquer un système mène à des boucheries sans nom. Par défaut, l'être humain revient toujours à son état naturel qui est de détourner tout système. L'indignation est systématisée comme seule réponse possible à une société dite libérale. Mais c'est un cri qui mène dans quelle direction ?
commentaires