Insipred on North Korean mass games, just a little smaller.
The last text in the boards reads 'VAKANTIE' ('VACATION' in dutch)
Hummm. Inspiré de la Corée du Nord, cette mass hystéria ! A d'autres ! Inspiré tout court et, si j'ose dire, classe !
Déjà, éviter le lipdub qui est devenu galvaudé, abusé, mainstream, télévisuel, propagandif, douteux donc... Eviter la longueur qui est un ennemi intime de l'internet : on n'y zappe plus, on surfe,
c'est à dire qu'on s'échappe sans cesse d'un site à l'autre dans l'espoir de rester en équilibre sur la vague. Eviter l'ennui. Eviter la redite. Eviter l'évitement. C'est inévitable ! Tout cela
donne un flou artistique qui amuse la pupille l'espace vacant de quelques minutes...
A la suite de Saturday Night Fever, Grease a ébloui les écrans de sa bonne humeur. Ici, une version russe, magnifiée par le langage des signes. Je ne vais pas
épiloguer sur la corrélation entre les signes et la danse, entre la parole et la musique, entre le mot et la chose artistique. La simple beauté du langage des sourds suffit à donner une dimension
nouvelle à cette comédie musicale en s'intégrant, telle une calligraphie gestuelle, une chorégraphie des signes, une douce redondance du sens. La simple beauté du langage est partout, du reste :
dans la musicalité d'une langue inconnue, dans la typographie foisonnante de notre monde, dans tous les signes que l'on déchiffre, dans ces visages qui nous entourent... Je reviens à Foucault, ce
Foucault si brillant Des Mots et des Choses où le monde est un vaste réseau de signes qui se renvoient à l'infini. Pensant qu'on montre la chose, on ne montre qu'un autre signe et l'art n'est sans
doute que la simple prise de conscience de ce mouvement.
Déjà la musique, c’est le mur du son. Le décor : un garage avec tondeuses et VTT.
Oubliez tout ce qui est raffiné (et même ce qui ne l’est pas). La tecktonik à côté c’est une danse sophistiquée. Mötörhead à côté, c’est un groupe de folk.
Je suis sûr qu’après ça, vous allez acheter une console de jeux avec DJ Hero à votre adolescent pour qu’il ne déboule pas avec une hache dans son collège pour déglinguer tout
l’établissement.
Imaginez un peu avec ça ce qu’un concert de hard peut donner ! Ici, ils ne sont que trois à s’esbaudir grâcieusement. Mais imaginez 1000, 2000 agités qui
s’électrisent, quelque peu imbibés, quelque peu véner… C’est l’esprit du hard : âge limite, 18 ans. Après, t’es mort. Après, t’es trop vieux. Après, t’es un Jackass bon à pogoter sur du
Trust (musique de nos ancêtres).
D'abord avec les doigts, histoire de faire impression.
L'article wikipédia impressionne le néophyte qui mélange le tutting, le popping, le locking, le waving, le boogaloo,
l' animation et le roboting ; des danses qu'on dira urbaines et mariage du hip hop et de la techtonique (pour les puriste, je commets sans doute un sacrilège)
Retenons de prime abord que le popping est une danse californienne qui se danse debout, contrairement au breakdance qui titille le sol. Que le tutting a été chorégraphie par Michael Jackson
himself dans cette superbe vidéo de Remember the Time..
Bon, je ne vais pas plonger dans un débat infini de spécialites (article américain de wikipedia ) et rester en marge, en spectateur, en
admirateur de ces danses codifiées et inventives tout à la fois.
Toujours le même rituel : un lieu de passage avec un public captif, une bonne sono, des airs entraînants et connus.
Trois danseurs professionnels, puis 200 danseurs amateurs enchaînent. Ils auront tout de même répété deux semaines. James Brown en tête de cortège, puis une enfilade de musiques : Chuck Berry (Si
vous avez Shazam, identifiez le reste), un air de valse, de la musique russe et j'en passe des Michael Jackson, c'est forcé !
Enjoy !!!
Musique du chanteur australien Ben Lee. (vidéo)
Lieu : Bondi Beach : The plage de surf australienne. (site)
Un des événements clé de notre époque dit de « médias sociaux » c’est le flash mob. Toute société est tissée de forts rituels festifs : cérémonies,
carnavals, défilés, manifs, festivals etc…
Le synchronisme d’une foule éparse et bigarrée égale en puissance les lyriques rassemblements chinois ou coréens où l’on s’étonne d’un unisson millimétrique. Et
on flashe là-dessus.
Ici, cette manif bon enfant, si elle manque un peu (beaucoup) de professionnalisme, reste quand même dans une lignée de raves familiales post jacksonniennes et le
fat guy au slibard orange qui déhanche sont ventripotent corps mou est le symbole de l’hédonisme chamallow de notre époque. C’est un beach boy à la Numa Numa qui surfe (sans planche) sur une mode
bien débonnaire : le flashmob dance des familles.
Prenez un charlot dans un costume de trooper, une zik à la Doop (vous avez oublié ?), quelques livres de Heidegger en arrière plan et quelques tonnes de culot. Filmez 15 secondes. Postez et
mélangez à la sauce buzz. Attendez que la mayonnais monte. Et pan, c'est souvent raté, ça fait pas un buzz. Disons un sous buzz, un buzz underground, le buzz série B (dans un blog de série B, je
vous ai entendu, là au fond !). Hé la, on déconne, hein ? On parle de buzz, on n'a que ça à la bouche, mais tout l'océan des sous-buzz, on l'oblitère ? Toute la machinerie virale qui se grippe, on
la snobe ? Et pourtant, les ingrédients sont là. le timing n'y est pas. Le buzz, c'est le timing : pas trop tôt, pas trop tard. Trop tôt, on vous le vole avant même que ça devienne connu. Trop
tard, vous passez pour un has been. Si on est à l'origine d'un buzz, on vous oublie, pire, on ne vous connaît même pas ! Si vous ratez régulièrement la mayonnaise, ne vous inquiétez pas, on va bien
vous repérer et cataloguer comme bouzzeux.
Eh bien là, je fais mon bouzzeux . Qu'est-ce que vous avez à dire ?
clip music Alexandre Tharaud, tic toc choc couperin, with house hip hop house danseur anthony Benichol and actor Boris Ventura Diaz beat box
Alexandre Tharaud est un pianiste français né en 1968 (wikipedia)
François Couperin, dit « le Grand » (Paris 10 novembre 1668 - Paris 11 septembre 1733) est un compositeur français, organiste et claveciniste
réputé. (wikipedia)
anthony Benichol, le danseur.
Un mashup visuel vs sonore épatant, et je pèse ce mot. Couperin revisité, en insistant bien sur le terme "visité", comme habité par cette danse. Les deux inspirations que tout oppose : un
académisme musical du XVIIIème siècle et une danse de rue forment une unité symbiotique qui laisse pantois.
Chapeau !
Est-elle là, n’est-elle pas là ? Est-ce réel ou est-ce un collage ? Peu importe, au fond. Ce sont deux mondes qui s’ignorent, comme toi et moi nous
ignorons, toi : la foule imprécise et interminable, anonyme moutonnière qui ne se singularise jamais de par sa densité. On vit comme ça, au ralenti dans ce décor gigantesque de gens qui
vont. On le vit bien, la plupart du temps, et très mal, à d’autres. Particules élémentaires. C’est donc une contre danse, à contre courant, ce choix de singularité dans un appréciable moment.
Vous vous dites que je délire -encore ! - et vous aurez raison, vous qui passez dans ce couloir de métro. Merde, voilà que je m’identifie à cette fille dont on ne sait même pas si elle s’est
incrustée ou si elle a eu le courage de danser au ralenti. Parce que tous ces passants sont si indifférents, différents : pas un qui s’arrête. Donc, ils ne la voient pas. Donc elle n’est pas
là. Donc vous vous posez seulement cette stupide question de savoir comment c’est fait plutôt que de voir la distorsion qui existe entre cette danseuse et le monde, comme un symbole de ce que
chacun est en n’étant pas, une singularité sur le bord d’une interminable autoroute surchargée.
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