Voici un compteur qui visualise une moyenne d’actions effectuées autour des médias sociaux. L’effet recherché est l’étourdissement, le vertige. On perd effectivement pied devant l’affolement de ces chiffres, nous qui sommes dans notre petit bureau à surfer tranquillement.
La bulle internet est un mot approprié parce que polysémique : c’est un réseau de réseaux qui est comme un second univers dans le premier et, en même temps, nous y sommes enfermés, un par un dans notre propre cellule.
Le web 2.0 a auguré de nouvelles formes de socialités novatrices. Une vision synoptique et lointaine, comme la terre vue de l’espace, impose toujours une sidération. Des flux et des flux d’images, des textes, d’échanges ; un fourmillement incessant de milliards de données laissent pantois. Mais ce n’est qu’une vision statistique. Ne pas se leurrer. Notre imagination est prompte à l’échauffement.
On pourrait tout autant faire état de la circulation des voitures, des échanges téléphoniques, des flots d’images diffusées par les télévisions, des conversations etc…On serait tout autant étonnés.
Donc, ne pas trop s’extasier de cette prolifération. Il est clair que ce compteur impressionne, mais il est fait pour ça. Le web 2.0 a, pour l’instant, très peu de prises sur lui-même, a développé très peu d’outils d’analyse, mais c’est un autre problème, plus sociétal que statistique. L’engouement pour Face Book, You Tube, Myspace, Twitter, les MMORPG a instauré un tissu relationnel inédit et là est le véritable questionnement. Non pas la quantité, mais l’essence. Nos relations devient diffus et virtuelles, constantes et in constantes tout en même temps : plus le maillage se distend, plus il devient indispensable.
Cet immense échange de signes qui constitue l’humanité et ici en mutation et, par delà la sidération des chiffres, s’interroger sur un basculement des pouvoirs, de l’information et de la quotidienneté.
Voyez les chiffres ici.

Un geek est assis sur une chaise à roulettes et pense gérer le monde de sa souris. C’est un petit dieu. Ou même un nolife, comme Dieu. Un geek a pour cela plusieurs idées volages par seconde, qu’il a bookmarkées, comme s’il allait jamais en arrière tel un bibliophile qui alignerait les livres sur des étagères sans jamais les ouvrir. Pour un geek, le monde est une simple interface 2.0 dont il chatouille les différentes parties sous la surface (grande comme un timbre poste) de sa souris. Il croit qu’il règne, c’est Don Quichotte en somme. Il défouraille à tout va toutes ses micro idées pour les mettre à jour dans une constellation bruissante de gazouillis.
Ah ! Les gazouillis ! ça gaze ? Non, ça gazouille ! Et voilà la boite à coucous qui va tapisser l’écran de l’ordi d’un tas de post-it gigantesque et hétéroclite. Le bordel fait interface. L’interfaçage du bordel : Twitter. Ubu roi des Shadocks, Brazil de fous, brassage cataclysmique de cris d’écureuils…heu…non…d’oiseaux. Mais bon, ne vous y fiez pas, ils ne se sont pas tous ligués pour tirer une baleine de je ne sais quel traquenard, ce serait trop simple. C’est une immense rhapsodie de « moi » s’égosillant dans une jungle touffue d’autres et ce, à perte de vue. A perte de temps aussi.
Twitter, c’est une tentative de mettre en conserve le fourmillement d’Internet. Mais c’est ouvert. Les jeunes ne s’y sont pas trompés qui vivent en tribus fermées. Ils n’y vont pas : ça fait peur, cette jungle aux échos infinis qui succèdent inexorablement aux échos infinis. Ils préfèrent largement la sécurité que procure Face Book ou Les Copains d’Avant (heu…les moins jeunes ça). C’est la dangerosité d’un outil qui veut englober la totalité, un outil totalitaire. L’addiction des nolife, zombies des temps modernes en est la preuve.
Internet est un fourbi hétéroclite où la camelote indigeste côtoie la pépite. Venant de partout et de nulle part, on finit par confondre les deux, à force de scruter le second degré dans ce qu’il y a de pire. Les bouses qui buzzent vous baisent et je vois déjà votre demi-sourire qui a l’air de dire « On ne me la fait pas à moi. »
Plusieurs sortes de micro événements sortent ainsi du panier et vont ricocher dans le flipper épileptique des médias sociaux jusqu’à usure.
Le fameux UGC (User Generated Content) constitue le large portail d’engouffrement d’une marée d’énergumènes qui cherchent la visibilité à tout prix. Certains requins l’ont bien compris qui jouent sur cette plage d’ambivalence. Est-ce un buzz malgré soi, c’est-à-dire une vidéo niaise qui fait se gausser la blogosphère régnante si normative malgré ses pseudos différences ? Ou bien est-ce télécommandé afin de faire monter en mayonnaise un site, une marque, un savoir faire ? Et, troisième voie, on reprend en compte une vidéo qui a buzzé pour la mettre en scène en sa faveur.
Chercher l’intrus, en ce sens que c’est bien de ces multiples méprises que surgit l’événement.
Niais ou second degré ; réel ou fake ? C’est cette balance qui à jamais oscille que tient le plus malin : il vous pose en situation d’avoir à donner votre avis en fonction d’une foultitude d’indices qui essaiment les forums, les blogs et les twitts.
Quand la chose est claire, tranchée, définie, le buzz n’existe plus.
« Matt, arrête d’écrire sur le mur »
La dématérialisation des rapports humains, on pourra appeler ça comme ça, par les médias, c’est-à-dire la perte de l’immédiateté ou bien et c’est sans doute un enjeu plus fort, de l’absence de l’autre, est-elle une révolution ?
On vit des deux. Les medias sociaux (FaceBook, Twitter, Blogs etc ...) ne nous ont pas coupés du tissu social classique, enfermés dans une grotte d’ermite devant le dieu écran au fond d’une alcôve no life. Loin de là. Ils nous ont même ouvert un nouveau champ relationnel avec des inconnus, même s’ils s’avancent masqués (pseudos, avatars, etc…).
L’addiction vient que cette mise en réseau devient tellement quotidienne qu’elle en est vitale. Elle est ombilicale. Le Face Book addict revient quotidiennement sur son mur, même a 10 000 km de chez lui. Le Twitteur ne quitte que rarement l’autoroute des flux informatifs sous peine d’y perdre sa « présence », son « moi » fictionnel (pas fictif). Le blogueur se condamne lui-même à alimenter souvent son site et à visiter les sites amis sous forme de commentaires, de renvois de liens, de signaux bien codés d’intelligence sociale et, par-dessus tout, consulte compulsivement ses statistiques aussi scrupuleusement qu’un directeur de chaîne.
Et comme tout, dans cette sphère évolue sans cesse (apparition continuelle de mises à jours, nouveaux medias sociaux, nouvelles tendances « branchées qui « buzzent »), l’addiction est double et avale le moi en un incessant ballet chronophage. C’est une quête d’identité sur la toile où l’on évolue à l’infini, comme dans un jeu vidéo –type World of Warcraft – ou toute fin présumée sera remise en question par un add-on où un nouveau monde.
Quitter le navire est synonyme de l’anéantissement du « moi » fictionnel (qui est devenu aussi indispensable que s’il était réel)
Souvent, moi-même, je pense arrêter de bloguer, de cesser d’inonder mon « wall » de tags, de me désinscrire de Twitter ; je pense arrêter de fréquenter tous ces « amis » que je ne connais pas (la guilde de Scoopeo ou de Blogasty), vous quitter, vous qui passez sur mon blog comme une voiture sur une place embouteillée. J’y pense, j’y pense…
Mais je n’ai pas encore trouvé le bon patch.

Pourquoi le nom de "Hadopi"?
Le "projet de loi Hadopi" tire son nom de la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) qu'il instaurera. Cette Hadopi contrôlera et punira le cas échéant les internautes qui se livrent au téléchargement illégal.
Et punir, vous savez comment ?
En coupant internet. L'ancestrale loi du talion qui consiste à couper la main du voleur ou le zizi du violeur. Une imbecilllité infantile.
Lorsqu'un internaute téléchargera illégalement une oeuvre musicale ou cinématographique depuis Internet, il sera rappelé à l'ordre, d'abord par l'envoi de mails d'avertissement puis, en cas de récidive, d'une lettre recommandée, et enfin par la suspension, voire la résiliation de son abonnement Internet.
Mr Olivennes, l'honorable directeur de publication du Nouvel Observateur, crut entendre des vois qui lui dictèrent cette néolithique résolution. N'a pas compris ce
qu'était le droit, ce monsieur.
Tu as volé un livre : je t'empêche de lire, je t'interdis l'accès à toute bibliothèque. On croit rêver du mauvais bon sens de ces gens.
Pour tuer le piratage, ils bafouent le droit à l'internet. Que les pirates soient sanctionnés de cette façon par une privation de la liberté d'information est signe d'un malaise de la démocartie
qui se vautre devant les lobbies qui réclament sanguinolente vengeance. cette pseudo loi du talion est une régression.
commentaires